Parole tenue dès le mois de juin prochain… Une exposition de ses 39 œuvres en noir et blanc "Les séquelles de la guerre de Brazzaville", témoignage sensible des années sombres de l’histoire congolaise, aura, en effet, sa place pendant un mois à la Johannesburg Art Gallery. Elle se déplacera ensuite à la South Africa National Gallery, au Cap, et tournera pendant deux ans dans les principales capitales africaines. Une action emblématique pour Bolloré Africa Logistics, qui tient à encourager la circulation de la culture et de la création artistique africaine.
Une figure montante de la photographie africaine
Baudouin Mouanda est né en 1981 à Brazzaville, au Congo. Il débute la photographie en 1993. Très vite, il chronique la vie brazzavilloise pour les journaux locaux et se fait surnommé "Photouin". Il se détourne du conformisme et pose un regard récriminatoire sur les guerres à répétition que le Congo a connues avec son travail "Les séquelles de la guerre de Brazzaville". Il est élu meilleur photographe par le jury de l’académie de Beaux Arts à Kinshasa et récompensé aux cinquièmes Jeux de la francophonie à Niamey (Niger) en 2005. En 2007, il bénéficie d’une résidence à Paris et suit un stage de perfectionnement au CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement en journalisme).
Il est aussi connu pour les portraits lumineux de sa monographie du mouvement de la "sape" ou Société des ambianceurs et des personnes élégantes, issue du Congo, sorte de dandysme à l’africaine qui a beaucoup inspiré le monde de la couture. C’est dans les rues de Brazzaville que Baudouin Mouanda a capturé la gestuelle festive des sapeurs. « Ces spectacles de rue sont revenus à la fin de la guerre civile et ont aidé la population à reprendre espoir en montrant symboliquement qu’il valait mieux se battre avec des vêtements qu’avec des armes », confie cette figure montante de la photographie africaine.